QUELLE
CORSE VOULONS-NOUS, EN 2020 ?
La société
- L’environnement - L'économie
Préambule
L ‘Association des Amis du Parc défend,,
depuis plus de trente ans, les positions suivantes :
- La qualité de son environnement est le
meilleur atout de développement de notre Île.
- Il est impératif de conserver, voire de renforcer, cette
qualité tout en assurant l’indispensable développement
insulaire.
- La Corse doit être un modèle en matière
d’aménagement harmonieux du territoire. Son retard
est un atout pour son avenir.
On nous moquait, gentiment, à l’époque
et on ne nous considérait que comme les ‘’défenseurs
des petits oiseaux’’. .
Heureusement ces idées ont fait leur chemin
!
Aujourd’hui, nous défendons, certes, toujours, ce
triple objectif, maintenant largement partagé, mais nous
souhaitons aussi que, d’ici 2020 :
- La Corse ait retrouvé la paix et la concorde grâce
à un projet de société partagé par
tous. Un projet conciliant une exigence rigoureuse en matière
de protection du patrimoine environnemental et culturel insulaire
et l’aspiration des Corses à pouvoir ‘’vivre
et travailler au pays’’ grâce à de réelles
perspectives de développement économique.
Et nous souhaitons, également, que d’ici là
:
- Les problèmes insulaires trouvent leurs solutions dans
le cadre d’une approche globale de “développement
durable”. Développement durable qui se décline
selon trois axes : l’axe sociétal, l’axe environnemental
et l’axe économique.
Pour nous, en effet, pas de réelle solution aux incendies
sans reconquête agricole et pastorale, pas de réelle
solution aux problèmes de décharges sans réduction
de notre production de déchets, pas d’énergie
propre tant que la consommation d’électricité
par habitant augmentera… ….
C’est sur la base de ces trois axes que nous
développons, ci dessous, notre ‘’Projet pour
la Corse de 2020’’
I. Au niveau de la Société
Un territoire à rééquilibrer
:
La Corse souffre du déséquilibre entre Littoral
et Intérieur
Nous souhaitons que les projets de développement de la
Corse prennent en compte le nécessaire rééquilibrage
démographique et économique entre le Littoral et
la Montagne.
Pour la Montagne – qui nous préoccupe particulièrement
– ce développement devra s’appuyer (Cf. infra
Chapitre Economie) prioritairement, sur :
- La reconquête agricole, pastorale et forestière
de l’intérieur, dont les avantages sont multiples
: réanimation des villages, ancrage de la Corse dans ses
racines et dans son identité, contribution, essentielle,
à la lutte contre les incendies et à la préservation
de la biodiversité ….
- Un Tourisme de Nature, respectueux de l’environnement
Une population à développer. Une pyramide
des ages a améliorer
La Corse est sous peuplée.
Nous souhaitons que par une politique démographique volontariste
( renforcement de l’attractivité de l’île)
elle maintienne, voire augmente légèrement son taux
de croissance démographique actuel (0,9% par an ) pour
atteindre environ 310.000 habitants en 2020
La population de la Corse est âgée,
sa pyramide des ages est déséquilibrée
Nous souhaitons que le développement se fasse, d’abord,
au profit des actifs plutôt que des retraités
La Côte d’Azur n’est pas nécessairement
le bon modèle pour la Corse
Un effort d’éducation et de sensibilisation
à développer
Nous souhaitons que, dans les années qui viennent, soit
poursuivi et développé, l’effort d’éducation
et de sensibilisation à l’environnement pour tous,
jeunes et adultes.
En effet, même si une large partie de la population est
fière du patrimoine naturel de son île, trop de gestes,
effectués inconsciemment, contribuent encore à le
détruire (mises à feu, pollutions par les déchets,
utilisation irrationnelle des énergies (électricité,
carburants)…. , alors même que l’exemple des
sacs de caisse prouve qu’une solution établie en
concertation et bien expliquée peut apporter un plus pour
tous et pour l’environnement. .
Des lois à mieux faire respecter
Nous souhaitons que parallèlement à l’effort
d’éducation et de sensibilisation soient réprimés
sans faiblesse (amendes, travaux d’intérêt
collectif, remise en état…. voire plus, si nécessaire)
tous les délits commis dans ce domaine de l’atteinte
à l’environnement
Des risques sanitaires à mieux appréhender…
et à réduire
Nous souhaitons la réalisation, le plus rapidement possible,
d’une enquête épidémiologique publique,
sur des bases scientifiques indiscutables, pour déterminer
les conséquences sanitaires de Tchernobyl en Corse.
Ceci, certes, pour prendre en charge ceux dont le statut de victime
aurait été établi, mais surtout pour tirer
les leçons de cet événement et prévenir
les conséquences d’autres catastrophes de ce type
qui pourraient survenir.
Un second ‘’Tchernobyl’’ est possible,
et nous sommes aussi dépourvus de moyens de lutte qu’il
y a 20 ans !
Nous souhaitons, de même, avoir, dans les
mois qui viennent, une bonne connaissance de la situation en matière
de pollution atmosphérique, pour y apporter les remèdes
qui s’imposeront.
Et, sans attendre, nous demandons l’équipement immédiat
de la centrale du Vazio avec des filtres fonctionnels et la réalisation
d’une étude épidémiologique pour confirmer
ou infirmer la réalité des problèmes perçus
Des risques de changement climatique à prendre
en compte
Nous souhaitons que la Corse – Ile, certes, mais île
de la Planète Terre – assume sa part de responsabilité,
dans la limitation de l’émission de gaz à
effet de serre
Pour ce faire nous souhaitons qu’elle se fixe, officiellement,
comme objectif minimum, de respecter, à son niveau, la
Convention de Kyoto
Nous souhaitons, aussi, qu’elle pense son
aménagement en fonction de l’évolution climatique
qui se dessine
Une consommation d’énergie à
réduire
Il nous semble indispensable que la Corse :
- Traite le problème énergétique à
moyen et à long terme en prenant en compte sa spécificité
insulaire, l’enchérissement considérable des
énergies fossiles dans les années à venir
et la fin, programmée, des centrales actuelles.
- Développe, dés maintenant, une politique très
volontariste en matière d’économie d’énergie
(Lutte contre la surconsommation, la climatisation à outrance,
le chauffage électrique… Rationalisation de l’éclairage
public, Sensibilisation de la population à la sobriété
énergétique….)
- Développe l’utilisation de ses énergies
renouvelables en donnant la priorité au solaire et à
la biomasse
Des déchets à maîtriser
Il nous semble indispensable que la Corse :
- Développe, dés maintenant, une politique, énergique,
de réduction de ses déchets (emballages…)
et renforce sa politique de tri sélectif
- S’engage, réellement, dans la mise en œuvre
du PIEDMA (Plan interdépartemental d'élimination
des déchets ménagers et assimilés) et l’actualise
en tant que de besoin
- Développe, compte tenu de l’insularité,
des filières locales de recyclage qui permettent d’éviter
l’exportation de nos déchets sur le continent.
Et, à partir de ces deux derniers points
– et du problème de l’eau (Cf. infra) –
nous nous opposons à une Société du ‘’Toujours
Plus’’, et nous prônons une Société
où la consommation serait maîtrisée et responsable
II. Au niveau de l’Environnement

Au niveau du littoral :
Nous souhaitons que, dés maintenant :
- La Loi littoral soit appliquée strictement et que les
lois et règlements en matière d’urbanisme
soient respectés
- Les actions d’acquisition et d’aménagement
menées par le Conservatoire du Littoral soient renforcées
et que la politique de gestion des sites soit étendue à
tous les sites acquis
- Des documents d’urbanisme (P.L.U. Cartes communales, SCOT…)
soient mis en place sur tout le littoral
- Les bonnes terres agricoles soient conservées à
l’agriculture
- Les ‘’espaces remarquables’’ soient
gérés
- Une taxe significative ( 25 à 30%) soit instaurée
sur la vente des terrains constructibles pour alimenter un fonds
de péréquation permettant à la puissance
publique d’acheter, à des prix plus intéressants
pour les vendeurs, les terrains classés non constructibles
Au niveau de la haute montagne :
Nous souhaitons que le PADDUC
- Classe, comme l’a esquissé le Parc Naturel Régional
dans sa Charte, tous les terrains situés à plus
de 1000 mètres d’altitude (sauf le secteur de Calasima
où la limite pourrait être portée à
1100 m) en ‘’Zones de Nature’’ ou, comme
le dit, aujourd’hui, la Loi Montagne, en ‘’Espaces,
paysages et milieux remarquables du patrimoine naturel et culturel
montagnard ‘’ .
- Précise que ces ‘’Hautes Terres’’
doivent être consacrées aux activités pastorales
et forestières d’une part, aux activités sportives
ou touristiques – non motorisées – d’autre
part. (hormis les routes, pistes et stations de ski existantes)
Au niveau des incendies
Il nous semble indispensable, pour réduire ce fléau,
que la Corse, :
- Se dote d’une véritable politique globale, s’appuyant,
à parité, sur l’approche ‘’Protection
Civile’’ et sur l’approche ‘’Reconquête
agricole, pastorale et forestière’’
Et, donc, qu’elle :
- Mette en œuvre le Plan de Prévention des Incendies
de Forêts et d’Espaces Naturels (PPIFEN), en fin d’élaboration,
(approche ’’Protection Civile’’)
- Elabore et mette en œuvre, dans le même temps, un
véritable Plan de Reconquête agricole, pastorale
et forestière, intégrant les préoccupations
de prévention des incendies
Au niveau des forêts.
Nous souhaitons que la forêt corse, qui constitue un capital
unique à préserver pour ses intérêts
patrimoniaux, paysagers, biologiques, économiques et touristiques,
soit aménagée et gérée en prenant
en compte et en respectant l’ensemble de ces intérêts
Pour ce faire :
- Nous demandons que soit réellement approuvée et
mise en œuvre la politique de gestion écologique des
forêts publiques, élaborée en concertation
entre tous les acteurs de la forêt, dans le cadre de l’Eco
Certification des Forêts Corses
- Nous souhaitons que cette gestion écologique soit étendue,
avec l’accord de leurs propriétaires, aux forêts
privées.
Au niveau de la biodiversité
Nous souhaitons que dés maintenant, soit mise en chantier
une charte régionale de la biodiversité, dans laquelle
:
- Il serait affirmé que, d’ici 2020, plus aucune
espèce, animale ou végétale, ne doit disparaître
de l’Île.
- Il serait décidé de renforcer les populations
des espèces, animales ou végétales, terrestres
ou marines, considérées comme menacées
- Il serait décidé de lutter vigoureusement contre
les espèces envahissantes qui concurrencent le patrimoine
écologique local.
Et nous demandons que cette charte, une fois approuvée,
soit réellement mise en œuvre
Nous souhaitons aussi que :
- Soit créé un véritable Conservatoire des
Espaces Naturels Corses
- Soit développée la coopération entre les
gestionnaires de sites naturels protégés.
- Soient créés des réseaux entre ces sites,
pour une meilleure cohérence de la protection.
Et nous demandons que la Corse adhère à
la Charte des Régions Européennes sans OGM
Au niveau des eaux (douces ou marines)
Nous souhaitons que
- Le Schéma Directeur d’Aménagement et de
Gestion des Eaux (SDAGE), prévu par la Loi, soit mis en
place dans les délais ( avant 2009)
- Ce SDAGE soit un véritable SDAGE
- Ce SDAGE se fixe pour objectif que toutes les masses d’eau
de Corse (telles que définies dans le cadre de la mise
en œuvre de la Directive Cadre Eau de l’Europe) soient
en ‘’bon Etat’’ en 2015
- Ce SDAGE aille, dans la mesure du possible, plus loin et intégré
des critères de qualité des eaux plus sévères
que ceux imposés par les normes européennes, afin
que la Corse fasse de cette qualité un atout de son développement,
- Ce SDAGE prévoie la protection de toutes les zones humides
et de toutes les ripisylves insulaires et la création d’un
réseau de Réserves marines.
III. Au niveau de l’économie
L’agriculture et le tourisme sont les deux
premiers supports de la production économie insulaire.
Ils doivent le rester et – tout le monde est aujourd’hui
d’accord sur ce point – jouer la carte de la qualité
Sur le littoral
C’est, à l’évidence, le Tourisme qui
sera le principal moteur du Développement du Littoral,
mais la Corse doit se garder, même sur son littoral, du
‘’Tout Tourisme’’ et préserver
ses activités traditionnelles (pêche, agriculture…)
Nous souhaitons, en conséquence, que soient
engagées, rapidement, des réflexions sur ce que
pourrait être un vrai développement durable du littoral,
afin d’offrir des alternatives à la quasi seule perspective
actuelle de développement : la promotion immobilière,
par parcelles loties, de résidences secondaires.
- Réflexions sur ce que devraient être les ‘’Hameaux
nouveaux’’,
- Réflexions sur le potentiel en matière de balnéothérapie,
la valorisation des activités nautiques, les souhaits des
touristes en matière d’espace littoral, la gestion
des espaces remarquables…..
Pour l’intérieur
Pour nous, la mort, annoncée, de l’intérieur
n’est pas une fatalité :
Un renouveau est possible et des solutions existent….
Sous réserve qu’il y ait, sur ce point, une volonté
politique très forte, partagée par tous et une approche
globale
Nous rappelons que la Loi Montagne précise
- Qu’il n’existe pas de plus grand danger, pour l’espace
montagnard, que sa dépopulation.
- Que le développement de la Montagne doit se faire dans
le respect de son identité naturelle et culturelle.
En plein accord avec cette loi, nous souhaitons,
pour 2020 : Un intérieur vivant et actif, développé
dans le respect de son identité
Et nous rappelons que ce n’est que s’il
est vivant, actif, cultivé et entretenu que l’intérieur
sera préservé des incendies
Ce renouveau, dont les composantes demandent, encore,
à être affinées, devrait s’appuyer sur
:
- La reconquête agricole pastorale et forestière
(Cf. la position de notre C.A. du 24 Juillet 2004)
- Le développement de l’écotourisme et la
valorisation touristique durable du patrimoine naturel et culturel
de l’île, s’appuyant sur un véritable
projet de développement pour le tourisme de l’intérieur
(qui reste à définir)
- La réhabilitation des maisons
- L’artisanat de service et l’artisanat d’art
- La création de petites entreprises
- La réhabilitation et la mise en valeur du patrimoine
culturel
- Les nouvelles technologies…..
Mais on devra veiller à ce que ces activités
ne se (re)développent pas n’importe comment et qu’on
ne laisse pas faire n’importe quoi, au nom de l’indispensable
développement. (C’est sans doute, en l’état
actuel des mentalités, le principal danger !).
Ce qui implique, d’ores et déjà,
au niveau des villages de l’intérieur
- La réalisation de documents d’urbanisme (au minimum,
des cartes communales) pour chaque commune, documents qui devront
assurer, comme le prévoit la Loi Montagne, la protection
des terres agricoles, pastorales et forestières
- De gros efforts en faveur de la préservation de la qualité
architecturale et paysagère, du style et de l’âme
de chaque village ou hameau,